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Notre fraternité est composée de 15 personnes : 9 laïcs et 3 prêtres, Trinitaires de Béthanie ou membres associés et 3 Religieuses Trinitaires de Valence. Fondée en 2010, la fraternité a été appelée par l'évêque d'Angoulême à être une présence priante et aimante au coeur du diocèse.

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Le Père Yvon Samson, trinitaire, chante saint Jean de Matha

Une belle chanson du Père Yvon Sanson sur Saint Jean de Matha

mardi 27 mars 2018

lundi 26 mars 2018

Fin joyeuse, oecuménique et fraternelle des deuxièmes "Déambulations Mystiques"



"Déambulations Mystiques" l'icône par Carole Scalaire



L’ICÔNE 

Rentrer dans une église, 
Venir au Temple, 
Pourquoi ? 

Pourquoi participer à un office, 
Une messe, 
Une liturgie ? 

Si ce n’est pour venir à la Rencontre, 
Faire une Rencontre, 
Faire La Rencontre, 
Faire Corps avec Dieu. 
Faire Eglise 
Faire son Eglise 
Devenir son Temple 
Devenir en nous et entre nous, le lieu de la Rencontre, 
Le lieu de Sa Présence 
Se Re-Lier… 

Le rencontrer 
Lui ouvrir notre porte intérieure 
Lui dire Oui 
Lui laisser la possibilité de faire Un en nous, 
Pour que nous soyons Un en lui, Tout en Lui. 
Lui laisser la possibilité de nous remplir pour que nous puissions à notre tour 
Devenir source, 
Une source intarissable. 

Dans ce Oui que nous lui donnons, 
Que nous voulons lui donner, 
Même mal, 
Même timidement parfois, 
C’est à une Rencontre extraordinaire que nous ouvrons la porte de notre cœur, De notre corps, 
De notre vie. 

Et l’icône est un moyen pour nous aider à faire ce chemin. 
L’icône est chemin d’ouverture vers cet infini qu’est Dieu. 

L’icône nous montre le chemin de la Sainteté 
Nous donne à Voir, 
Ce que nous sommes appelés à Être. 

Car la vue est le chemin le plus direct de nos sens. 
Chaque Parole donnée, 
Chaque Parole reçue, 
Nous fait visualiser des images avant de l’intégrer, avant de la comprendre. 
« La Parole est une Image qui Discourt » 

L’image va droit au cœur, 
L’image est un chemin direct pour la compréhension sensible, 
« L’Image est une Parole Silencieuse » 

Oui l’icône c’est cela : 
Une voie royale de la lumière à nos cœurs. 

Un accès à ceux, qui, avant nous, ont dit ce « Oui » à Dieu, 
Qui ont ouvert leur porte intérieure, 
Ont laissé Dieu les habiter, 
Sont devenus son Temple, 
Ont pu voir avec ses yeux, 
Entendre avec ses oreilles, 
Ont rayonné de lui. 

Nous montrer ces êtres qui ont su dire « oui » pleinement, nous montrer ces voies suivies avant nous, c’est nous montrer le Chemin pour devenir ce que nous sommes appelés à être dans notre complétude… 


Dieu veut nous aider à briser nos chaînes, 
Nous aider à ne plus rester extérieur à nous-même, 
À faire UN avec lui dans la Liberté. 
Car l’Amour ne s’impose pas. 

Le seul Amour possible est celui qui est consenti, désiré, 
Dans le Oui pleinement donné. 
Et c’est dans ce Oui que Dieu se révèle et nous sanctifie. 

Et l’icône est un chemin pour celui qui se laisse regarder par elle, 
Une fenêtre ouverte sur le royaume, sur l’infini, sur le Cosmos tout entier. 

Et elle l’est, aussi bien pour celui qui la reçoit, que pour celui qui la réalise… 
Celui qui se met en prière, en présence, qui fait grandir l’icône en lui avant de l’écrire sur la planche. 

« L’Icône est prière, née dans la prière, 
faite pour la prière ». 

Se laisser remplir pour pouvoir donner, 
Se laisser habiter pour pouvoir transmettre, 
Pour pouvoir révéler. 

Oui, l’Icône est Écriture, 
Elle est Parole en Image, 
Elle est Parole silencieuse, 
Elle est Présence, 
Elle est Sens, 
Elle est Chemin. 

Faire passer l’invisible dans le visible, 
L’infini dans la forme. 

Non pas représenter Dieu car Dieu est irreprésentable, 
Mais montrer l’incarnation, 
Cet infini qui a pris chair, a pris visage, s’est donné à voir par son fils, 
Et ce fils qui se donne à voir à son tour en tout homme qui dit « Oui » au Tout autre : Au « Je suis ». 

L’icône nous montre la transformation opérée en tout Homme vivant pleinement en Dieu. 
Elle montre la spiritualisation de la matière, le passage de l’ombre à la Lumière. 
Et elle nous invite à faire partie de ces Hommes qui l’accueillent, à entrer en Sainteté, à choisir ce chemin, car nous sommes tous appelés. 

Oui l’icône nous invite à cette Rencontre qui se laisse voir, 
Qui se donne, qui s’offre à suivre, 
Qui tend la main pour nous laisser toucher par la grâce, 
Par la Lumière, 
Par l’Amour qui nous est proposé à chaque instant de nos vies, 
Nos vies trop remplies, trop bruyantes, 
Qui ne laissent pas de place à la paix, au silence. 

L’icône nous propose de nous arrêter, 
De nous laisser nous apaiser. 
Devenir lac sans remous, 
Devenir silence. 

Devenir capable d’entendre ce qui n’est pas audible, 
De voir ce qui n’est pas visible, 
Voir avec les yeux du cœur. 

Devenir silence, devenir murmure, 
Devenir ce Tout, infiniment grand dans l’infiniment petit, 
Infiniment petit dans l’infiniment grand. 

Car Dieu est en tous et en tout et nous propose de participer avec lui à l’infini : 
Devenir infini. 

Goûter la joie, l’Emerveillement, la Plénitude : 
Devenir Joie, 
Devenir Emerveillement, 
Devenir Plénitude. 

L’icône, c’est ça… 

Ce n’est pas une idole qui nous arrêterait à la peinture sur la planche, 
Qui nous arrêterait au matériel. 

L’icône, c’est un souffle qui nous entraîne vers ce que l’on cherche si loin de nous mais qui est là, au dedans de chacun et qui nous attend patiemment. 

Cet infini, qui attend notre oui pour nous remplir, 
Cet infini qui ne tient pas de place, 
Cet infini qui n’attend que notre feu vert pour partager ce trésor, 
Ce trésor intérieur. 

Alors oui, l’icône est un merveilleux chemin de Rencontre. 

Il n’est pas le seul, mais c’est un chemin magnifique, un chemin fait de magnifiques rencontres. 

Un chemin infini là encore, 
Car plus on avance, plus on voit l’horizon reculer. 

Mais chaque pas est Merveilleux, 
Car chaque Pas est un Pas en avant… 
Un pas vers Soi, un pas vers Lui, un pas vers l’Autre. 
Et chacun de ces pas nous fait grandir en Humanité. 



Carole SCALABRE
http://www.artabstrait-icones.fr




"Déambulations Mystiques" Projection du film "Les délices de Tokyo"





Dans un jardin public de Tokyo, un homme un peu triste vendait sans succès ses dorayakis, des gâteaux fourrés à la pâte de haricot rouge. Survint une vieille dame qui proposa de faire cuire les haricots à sa façon. Et les dorayakis se vendirent comme des petits pains. Jusqu’au jour où les mains rougies et déformées de cette vieille dame, nommée Tokue, attirèrent l’attention des clients, qui se mirent à la regarder comme une sorcière…
Cette adaptation d’un roman de Durian Sukegawa ouvre un univers d’étonnants contrastes. Il y a la douceur de Tokue, tendre comme ses gâteaux. Mais aussi la ­douleur secrète qu’elle porte en elle et qui fait resurgir un passé tabou : l’époque où le Japon condamnait à l’enfermement les malades de la lèpre. Chaque existence est faite de blessures. Le vendeur de dorayakis en cache, lui aussi, plus banales, mais non moins lourdes à porter.
Tout en menant ce récit avec simplicité et candeur, Naomi Kawase (Still the water) ne cesse d’y chercher matière à une élévation. Elle reste ainsi fidèle à l’élan de spiritualité qui parcourt son cinéma, mais trouve, à travers le personnage de Tokue, une manière plus émouvante d’exprimer sa foi en des forces invisibles. La spécialiste des dorayakis n’a pas son pareil pour recommander d’écouter ce que racontent les haricots rouges ou les feuilles de cerisier. Elle ouvre un chemin vers la grâce et la possibilité de surmonter les épreuves. Et Naomi Kawase nous fait, avec ferveur, passer d’une recette de cuisine à une leçon de vie.

Critique lors de la sortie en salle le 30/01/2016  
Par Frédéric Strauss de Télérama