lundi 16 février 2026

14 février : eucharistie présidée par le Père Hervé Gosselin, notre évêque, à l'église Saint-André d'Angoulême , dans le cadre du 15ème anniversaire de la fraternité trinitaire d'angoulême


Homélie du Père Hervé Gosselin, éveque d'Angoulême



Frères et sœurs charentais, ne soyez pas trop déçus, vous avez un rattrapage possible demain, si vous voulez écouter le Père Luigi prêcher après l’Evangile.

Ce soir, ce ne sera que moi !

Voilà, très heureux de pouvoir participer ainsi et partager cette Joie que nous avons d’accueillir la parole de Dieu.

Alors à sœur Myriam, la sœur supérieure des sœurs et puis au Père Luigi, j’aimerais vous dire pour commencer, ici en Charente les paraboles se boivent, car on peut boire du Pineau des Charente comme une parabole.

La Parabole entre la Nouveauté et la Tradition, car pour faire du pineau, il faut 1/3 de cognac et 2/3 de jus de raisin de l’année. Vous voyez l’allusion, tradition, nouveauté.

Pourquoi je commence comme cela, parce qu’il me semble qu’il y a quelque chose de nouveau ici en Charente, cette fraternité qui unit à la fois des religieuses, des prêtres, des laïcs, dans cette démarche vraiment synodale puisque c’est à la mode maintenant et heureusement, tous ensemble, on marche, à la fois enraciné dans la grande Tradition de l’Eglise et puis acceptant aussi avec l’Esprit Saint de nous adapter à la nouveauté.

Il y a donc 15 ans, mon prédécesseur Monseigneur Dagens avec le père Denis ont « conspiré », si je peux dire, pour pouvoir établir quelque chose de nouveau.

La fraternité trinitaire a pour mission et là, je cite un peu là ce qui était prévu dès l’origine et qui se vit depuis, « d’être une présence priante et aimante dans la ville d’Angoulême ».

« Prier et aimer » c’est un beau slogan.

C’est facile, c’est facile peut-être pas d’ailleurs. Prier sans cesse et Aimer !

Aimer selon la volonté de Dieu, selon aussi le charisme propre des Trinitaires qui est la charité inconditionnelle pour tous ceux qui sont un peu perdus, pour ceux qui sont emprisonnés, pour ceux qui sont enchaînés, pour ceux qui sont esclaves de différentes manières.

Et c’est là où on voit que l’esclavage est comme il y a plusieurs siècles, et puis il y a des nouveautés aussi, ça se rajoute. L’homme est de plus en plus opprimé, de plus en plus enchaîné et il faut libérer notre cœur, déchaîner notre cœur pour être capable d’aimer.

L’état du monde nous montre très bien, voilà cet effondrement possible des grandes valeurs qui ont fait là, celles des siècles. Et en même temps, avec notre résistance, il nous faut avoir une juste inquiétude. C’est ce que disait notre Pape cette semaine aux prêtres de Madrid. Il y a d’après Saint Augustin une juste inquiétude.

Une juste inquiétude qui nous réveille en se disant ça ne peut pas continuer comme ça, il faut que je change. J’anticipe un peu mais rassurez-vous le carême arrive. Vous allez pouvoir changer. Patience encore dans 3 jours !

La juste inquiétude est un moteur d’une vraie quête spirituelle, moteur d’une vraie quête spirituelle.

Parce que si on est content de soi, si tout va bien et bien tout va bien ! et puis vous savez à mon âge on ne va quand même pas changer, j’ai mon caractère depuis que je suis né. Non ça ne marche pas avec le Bon Dieu hein, ça ne marche pas.

On voit cet effondrement dans beaucoup de domaines, que ce soit le droit international qui est bafoué, ne parlons pas des droits de l’homme, chacun fait comme il veut. Celui qui a le pouvoir décide et puis les lois finalement sont faites pour être transgressées. On fait ce qu’on veut, comme on veut, quand on veut.

Et voici que les textes nous disent aujourd’hui « Si tu veux, tu peux » « si tu veux, tu peux ».

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Donc cette idée de la volonté. Oui, je veux, je veux être saint. Vous aussi j’espère.

Charles de Foucauld disait pour être un saint, il faut le vouloir. Si on ne le veut pas, on ne devient pas, on reste comme on est, tristounet ou pécheur. Mais pour être saint, il faut le vouloir.

Et puis cette grande liberté. « Je mets devant toi, dit le Seigneur, le feu et l’eau ». « Tu choisis, tu choisis entre la Vie et la Mort » parce que, si on peut dire que, si après la vie, il y a une mort possible, c’est l’homme qui aura choisi la mort. Ce n’est pas Dieu dans son jugement qui va faire mourir quelqu’un. Car il y a des comportements qui mènent à la mort, nous le savons bien, et des comportements aussi intérieurs. Il y a des comportements extérieurs qui nous mènent aussi à la vie, qui nous font grandir.

Car tout ce qui nous empêche de grandir, tout ce qui nous empêche de devenir nous-même doivent être complètement abandonnés, car c’est la mission que le Seigneur nous donne et la mission aussi de toutes les communautés dans la vie de l’église, c’est ce que nous voulons annoncer. Ce n’est pas tout va bien, c’est bien comme ça, ne t’inquiète pas. NON, il faut rappeler la Loi.

La Loi, la Loi divine. La Loi divine, « si tu le veux, fais ce que tu préfères » a dit le Seigneur. Alors on peut parler de la loi civile mais on peut parler aussi de la Loi divine, cette Loi révélée.

On ne peut pas dire que nous chrétiens que nous ne savons pas. Nous savons ce qu’il faut faire. Alors pourquoi ne le faisons-nous pas ? Parce que nous ne sommes pas complètement convertis.

Pour garder les commandements, il faut les connaître et être sûr que tout ce que Dieu nous commande se justifie humainement.

Aujourd’hui, on est complètement dans l’irrationnel, parfois même au niveau des États, au niveau de je ne comprends pas, mais ce n’est pas possible, on n’a pas réfléchi deux secondes.

Et puis c’est un peu le privilège du ressenti. Je sens, je ne sens pas, en fonction de ce que je sens, je fais. Non, la raison permet de discerner aussi ce qui est bien et ce qui est mal.

Un jour à la prison, il y a un jeune qui me dit « Bon, je vais arrêter de voler parce que je me retrouve en taule, c’est la troisième fois » et il ajoute « explique-moi pourquoi c’est mal ? » Bonne question.

Si personne ne lui a dit ce qui est bien, ce qui est mal, donc en réfléchissant, si tout le monde pique à la fois ses affaires, il n’y a plus de vie en société possible. Voilà, en même temps, je ne vous donnerai pas ma réponse parce que j’étais un peu coincé par la question.

Heureusement à l’aumônerie on pouvait se rattraper un jour après. Mais c’est une bonne question. Pourquoi c’est mal ? Pourquoi c’est mal de faire ça ? Si on ne comprend pas on ne peut pas adhérer.

Tout ce que Dieu demande se justifie par la raison et en même temps, il y a une loi humaine, rationnelle et puis cette Loi révélée car on ne peut pas simplement dire voilà.

Quand Jésus dans l’évangile nous dit « on vous a dit, Moi Je vous dis ».

Vous savez, ça m’est arrivé déjà lors d’une confession où quelqu’un arrive en disant « vous savez mon Père, je n’ai pas grand-chose à dire, je n’ai pas tué, je n’ai pas volé, je ne trompe pas ma femme ». Donc il n’a pas ajouté « Mais je suis impeccable ou quoi impeccable, ça veut dire sans péché. »

Oui et bien moi je vous dis quand même que si tu as des mots vis-à-vis de ton frère, si tu as un désir au fond de ton cœur qui n’est pas pur, et bien tu n’es pas conforme à la volonté de Dieu.

Et notre devoir, c’est Saint Thomas d’Aquin qui nous dit « d’obéir à notre conscience ». Oui, mais nous avons le devoir d’éclairer notre conscience. Dès qu’il y a une formation diocésaine ou dès qu’il y a une conférence ici ou là dans le diocèse, il faut faire salle comble parce que nous avons besoin de comprendre davantage les bienfaits de notre Foi en nous, en restant à nos acquis qui sont parfois très anciens de l’ordre de notre catéchisme du primaire, les enfantillages.

Non, non, et plus la science avance, plus nous avons des raisons de croire. Il faut s’intéresser à la science, il faut s’intéresser à tout ça parce que nous avons des raisons profondes de croire. Le sens de la Loi, c’est véritablement de pouvoir nous libérer, car la loi de l’évangile est une loi de Liberté.

« Aime et fais ce que tu veux » dit Saint Augustin.

« Aime et fais ce que tu veux » a dit Saint Augustin. Alors notre Pape, voilà disait bien aux prêtres de Madrid cette semaine, il paraissait assez inquiet de l’état du clergé, semble-t-il, c’est ce que nous disent les observateurs. Peut-être parce qu’ils ne font pas ce qu’il faut pour être des bons prêtres. Est- ce que c’est cela ? C’est l’inquiétude du monde actuel.

Mais l’inquiétude, la juste inquiétude comme dit Saint Augustin, qui est de vivre dans la Confiance, confiance et inquiétude doivent aller ensemble.

Vous êtes inquiet, vous avez raison. Vous êtes triste, vous avez de bonnes raisons d’être triste, mais vous n’avez pas de bonnes raisons de ne pas être dans la Confiance. Vous n’avez pas de bonnes raisons de ne pas être dans la Joie puisque Dieu accomplit l’accomplissement de la promesse, c’est Jésus, Il accomplit en nous, donc Il a besoin de chrétiens, de vrais chrétiens.

Alors je vous vois, Seigneur, je vous vois tous un peu peut-être, un peu baisser le nez en disant là, mais ce n’est beau là…J’ai une bonne nouvelle, dans 3 jours on est en Carême.

Tout va changer, tout peut changer. Tout peut changer !

Il y a une loi qui va être votée le 26, qui ne sera pas votée sur la fin de vie. Bon, qu’est-ce que vous voulez qu’on y fasse, ce n’est pas impossible. Non, non, mais il faut qu’on se réveille, les évêques de France ont demandé qu’il y ait une journée vendredi prochain de jeûne et de prière, car nous le savons, et dans l’histoire, ça s’est vérifié, la prière unie et confiante amène des résolutions et je dirais presque de l’ordre du miracle, c’est l’intervention de Dieu.

Oui, il est de notre responsabilité. Il y a devant toi l’eau et le Feu, choisis, choisis la Vie. Soit Vivant !

C’est ce que nous pouvons offrir de mieux à ceux que nous aimons, d’être des vivants réjouis de l’évangile de Dieu et que nous puissions être des chrétiens par attraction, c’est-à-dire, dis-moi ton secret, pourquoi tu es heureux ?

Pourquoi tu es si heureuse avec tout ce que tu vis comme problèmes de santé, problèmes familiaux, comme problèmes économiques. Est-ce que tu as vraiment des raisons de te réjouir ?

Oui ! La louange, parce que nous ne louons pas le Seigneur parce que tout va bien, mais parce que Dieu est Dieu.

Aussi nous pouvons te rendre grâce, Seigneur, pour les 15 ans de la fraternité trinitaire, en espérant que la fraternité sorte rapidement de la crise de l’adolescence pour vivre une belle maturité spirituelle.

Car c’est bien ça notre objectif, la maturité spirituelle, et la maturité spirituelle c’est comme les Saints. Les Saints ils font ce qu’ils disent, ils veulent et ils font !

Seigneur ça nous donne envie.

Donne-nous aujourd’hui de te rendre grâce pour tous les charismes dans l’Eglise, pour tous les Trinitaires.

 

 



Témoignage au nom de la paroisse des saints Apôtres d’Angoulême. 


Bonjour à tous, 

Il y a déjà 15 ans, en 2010, (c’était hier), les paroissiens du centre-ville d’Angoulême ont eu la joie de voir arriver dans notre ville un OPNI, Objet Priant Non Identifié, la fraternité trinitaire. 

Conseillé par le père Laurent Maurin, qui connaissait le frère Denis Trinez pour avoir vécu avec lui des années communes de noviciat et a assuré les premiers contacts, le père Dagens, notre évêque à l’époque, avait appelé cette fraternité à vivre son charisme particulier à Angoulême. 

Pour reprendre les termes utilisés par le père Dagens, la fraternité a reçu la mission d’être à Angoulême une présence « priante et aimante ». 

Après un temps de discernement partagé entre le frère Denis, des laïcs associés et des sœurs consacrées, qui ont rencontré ensemble le père évêque, la mission fut acceptée. 

A l’époque, le culte dominical de l’église Saint Martial, idéalement située au centre-ville d’Angoulême, était assuré par des prêtres âgés que des laïcs bénévoles allaient chercher pour assurer les célébrations. Grâce soit rendue à ces personnes qui ont maintenu ce lieu vivant pendant plusieurs années. 

La toute première fraternité était composée de quelques personnes vivant une expérience de vie fraternelle, sans hiérarchie, sur un pied d’égalité – spécificité de la fraternité trinitaire déjà vécue à Cerfroid dans l’Aisne. 

Très vite les célébrations dominicales ont repris dans l’église Saint Martial, ainsi que les messes quotidiennes. 

Très vite, des services d’écoute, d’accompagnement, d’accueil se sont mis en place. 

Très vite des missions individuelles paroissiales ou diocésaines dans la pastorale de la santé, pour le catéchuménat, le catéchisme, la célébration d’obsèques, l’accueil à la maison diocésaine ont été assurées par des membres de la fraternité. 

Vincent Passot